Grotte féerique, temoignage d'un guide

Pour vous faire part du rêve et de la magie que vivent les visiteurs de la GROTTE FÉERIQUE, à qui les visites se veulent guidées et commentées, l’un des guides S KASMI va nous résumer en ce qui suit l’une d’elles .

_ Bonjour tous le monde ! et souvent des bonjours retentissent du groupe.
_ Bien venus à Aokas ! Pareil que pour les bonjours, des mercis en guise d’échos me parviennent de ces quelques dizaines de personnes, déjà enthousiastes à découvrir et à confirmer tout ce qui se dit et se raconte à propos de cette grotte qui ne se fait tous de même connaître que de bouche à oreille. Et je poursuis : « vous savez, l’histoire de la grotte remonte en fait au moins à la fin de l’ère crétacé, par ce que c’est la craie qui a laissé place à cette poche d’aire en plein cœur de la montagne. Mai il faut compter aussi juste après le redressement du niveau de la mer, sinon avant, la grotte était inondée et la concrétion calcaire n’était pas possible. » Tout à coup le groupe devient stupéfait, comme surpris soit par ce chevauchement des ères, (crétacé et celle de la naissance de la grotte) soit par cette remontée lointaine dans le temps, il savent que c’est à plus de cent millions d’année. Là je leur évite de narrer le travail millénaire de l’eau et je reprend à partir du jour de l’hasardeuse découverte de la grotte : «en 1962 une société Franco-italienne lors du perçage du tunnel, abritant actuellement un fragment de la RN n°9, les ouvriers s’aperçoivent de la présence d’une poche d’air, qui est en faite le bout de cette galerie de 63 m dont on a parcouru la moitié, et qui va nous conduire à une grande salle, appelée LE GRAND SALON. Personnellement j’y vois en ce dernier une immense galerie d’art ou un musé, où on peut admirer des chef d’œuvres, non achevés, à qui la nature continue d’apporter des retouches d’une main lente et délicate ». Et la les regards des visiteurs deviennent rêveurs et moi-même je reconnaissais que j’étais un peut trop abstrait dans mes propos, mais comment pourrais je aiguiser leurs imagination autrement ? et je me rattrape ainsi : « avant de pouvoir admirer tous ces prestiges naturels, je vais vous rappeler quelques consignes qui se veulent à la fois protectrices et préservatrices du site : La plus importante de toutes, dit de ne pas toucher les roches ». et je poursuis afin de justifier la consigne souvent inutilement : « parce que les toucher ça les abîme, ça les sali et ça empêche leur évolution naturelle, l’acide contenue dans la sueur agresse la roche calcaire et le charbon capote la sédimentation ». et j’annonce la deuxième consigne : « la prise de photos est aussi interdite » la consigne la moins prise en compte il a fallu l’intervention d’un collègue qui se reconnaîtra, ce dernier récupéra un panneau, y traça des cases et les numérota, fabriqua des jetons numérotés, ainsi, les visiteurs laissaient leurs outils photographiques sur les cases et ils les récupéraient en contre partie des jetons correspondants, à la fin de la visite. Et je les avertis de la nature du terrain : « si non faites attention au parterre qui est aussi humide que glissant et veuillez bien me suivre, on va faire le même rêve que la nature à fait il y a des millions d’années.»
Après quelques mètres de plus, souvent après avoir aimablement cédé un passage à un groupe sortant, nous atteignions le GRAND SALON. Et devant cet éblouissant paysage tout le groupe se remet à rêver, et des doigts se levèrent machinalement vers des formes que certains ont déjà reconnu la ressemblance, après j’ai souvent du mal à expliquer que toutes ces sculptures ne sont qu’œuvres de la nature et que l’Homme n’y est intervenu aucunement.
Le groupe semble non intéressé quand je parle de la forte présence de la calcite et de l’oxyde de fer dans les roches, mais j’aperçois nettement leurs désolation quand je parle de la pollution qui ronge ces prestiges naturels comme en fait un cancer à un malade.
Et tout d’un coup les stalagmites se mettent à vivre : d’abord, une tortue géante se met à nous fuir, d’un pas long, laissant derrière elle une selle d’un cheval, et plus courageux qu’elle, un bébé phoque ne fait que nous tourner le dos. Quelques pas de plus et on aperçoit un targui qui semble observer un horizon lointain, et puis une émouvante scène : de toutes ses forces, une dame sert un enfant dans ses bras et puis, des châteaux de morphologie romaine, et une autre stalagmite épouse la forme du fameux trophée mondiale: la coupe du monde de football. Et d’un coup, deux dauphins surgissent de l’eau se disputant un ballon, une momie égyptienne aussi sereine que mystérieuse, des cathédrales et la plus belle stalag mate de la grotte, ayant une ressemblance frappante a la fameuse tour de pise, avec une représentation nette des balcons et des fenêtres de la tour, joue un double rôle : soutenant la voûte tel une des colonnes de ces antiques constructions grec d’une part, et d’une autre, par sa beauté rarissime, sert d’un objet de décoration . Un aigle royale aux ailes déployés se tient en position d’attaque, la tour Effel au bout d’une falaise, Un vieux cimetière apparaît à travers un éparpillement de pierres tombales et au milieux une veuve, de dos et tenant un enfant, semble faire à la dernière volonté du défunt, qui était sûrement de faire visiter sa tombe à son enfant. Ensuite, une scène plus gaie : un bébé jouant avec sa maman et un lapereau juste à coté, un peut plus loin, un loup assis semble hurler de toutes ses forces. Ensuite, une roche prend à la fois les formes d’un flambeau, d’une cuillère renversée, d’un têtard géant et d’une fille nous tournant le dos et se coiffant d’une langue tresse. Et puit, les regards plongent dans un lac, et les esprits au lieu de se préoccuper du crocodile qui s’y trouve ; s’interrogent plutôt à propos des pièces de monnaie qui l’entourent. En fait, le lac s’est celui des vœux, à qui la légende attribut le pouvoir d’exhausser les vœux de ceux qui les font en y jetant une pièce monétaire. Une passerelle nous fait survoler le lac et on enchaîne avec d’autres personnages et d’autres scénarios. Sur une falaise, un vieil homme, de dos et en une tenue traditionnelle berbère, semble rendre visite à ses champs de labours. Et puit une stalagmite rougeâtre épouse la forme d’une femme Kabyle, portant une cruche sur son dos et ramenant sûrement de l’eau d’une fontaine loin de chez elle. En plein milieu de la falaise, un petit gorille assis console une autre femme qui semble pleurer toutes les larmes de son corps. En une autre roche, le Hoggar ne peut être mieux représenté et juste à coté trois femmes targuies dans une tente. On quitte le tassili et des préparatifs d’un mariage se font à travers des réalisations de sculptures naturelles, sur de la roche calcaire, ainsi l’artiste (qui est pour certains le dieu, pour d’autre la nature et le hasard et pour moi les artistes, c’est plutôt ceux qui ont su imaginé en les crêtes de ces stalagmites des formes et des scénarios.) nous présente une femme agenouillée roulant du couscous, suivie d’une mariée sur une pièce montée, et le tout, à coté de deux roches, l’une résonant en y tapant dessus tel un tambour, et des lamelles de pierre, en y tapant dessus avec une pierre servant de mailloche, correspondent chaque une d’elles à une note musicale, qu’on peut jouer à l’aide d’un xylophone. Après cette pause musicale, les visiteurs enchaînent avec d’autres formes, d’abord, un petit oiseau surveille de loin un petit œuf dans un nid, un index montre un joli flambeau allumé, un dromadaire sur une dune, un roi, un lapin, la sainte Marie, tel une icône, tenant le petit jésus dans ses bras, un immense olivier coupé, une énorme bûche au chocolat surveillée par un petit caniche, enlevant aux visiteurs ainsi tout espoir de pouvoir la départager après ce voyage temporel de quelques millions d’années et spatial en faisant un tour de 400 m.
Et là, les visiteurs, je leurs fait savoir qu’on est au bout du couloir qu’on a emprunté pour entrer, et se dernier va aussi nous servir de sortie. Je leurs dit aussi qu’un autre guide leur aurait fait découvrir d’autre formes et d’autres scénarios, et c’est là que chaque visiteur se fait la promesse de revisiter la GROTTE FÉERIQUE à chaque fois qu’un bon vent le ramène à Aokas.

nagez profond et à bientôt
publié par KASSOF dans: aokas

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